Peut-être m’as-tu déjà lue – parfois, souvent. Peut-être est-ce la première fois que tu me lis. Dans ce cas, je te souhaite la bienvenue dans cette bulle de vie que je choie attentionnément dans le sens de la liberté d’être soi. Être soi sans concession, sans arrière-pensée, être en accord avec sa nature profonde, le plus possible. Être en paix avec là où nous nous situons, présentement, sur notre chemin. C’est ce qui me porte dans ma transmission du Design Humain et les accompagnements que je vous propose. Mais, dans cet article, il ne s’agit pas de Design Humain.

Lorsque j’ai lu le livre d’Edouard Zarifian, s’intitulant Les Jardiniers de la Folie, j’ai mis en évidence de nombreuses phrases, parfois même des strophes entières, tant elles vibraient au diapason avec mon message profond : En tant qu’individus, nous sommes, chacun·e de nous, une vague dans l’océan. Alors… pour notre santé globale, je nous prie de cesser de temporiser cette vague que nous sommes. Car la mer ne serait pas la mer sans tout son mouvement, toutes ses ondulations.

Cet article réunit les notes que j’ai mis en évidence à la lecture de ce livre sur la dite folie, les troubles mentaux, qui nous touchent directement ou non et qui peuvent nous interroger. Je te souhaite une lecture palpitante, enseignante et enrichissante.

La singularité, une entrave à l’homogénéité du groupe

« La maladie mentale n’est que l’exagération, la caricature de tout comportement humain. La considérer en face, c’est se regarder sans les complaisances habituelles. N’est-ce pas là précisément ce qui fait le plus peur, ce qui engendre les comportements de fuite et d’exclusion ? »

« Devant la folie, la peur a ses raisons qui ne sont pas toujours raisonnables et qui engendrent des explications qui voudraient bien l’être. »

« La genèse de la folie, c’est l’interdit de la singularité. »

« Le sujet atteint est bien souvent le symptôme d’une famille malade qui ne peut garder sa cohérence qu’en attribuant à l’un de ses membres la fonction de bouc émissaire. »

« Ce qui est bon pour l’individu est rarement bon pour le groupe et inversement. »

La folie, c’est pour tout le monde

« La ‘folie’ existe en germe en chacun de nous. C’est peut-être pour cela que le meilleur moyen de l’empêcher de repousser chez soi est de la cultiver chez les autres. C’est ce que font – souvent, mais non toujours, à leur corps défendant – la société, la famille et les soignants en psychiatrie. »

« La normalité procède aussi largement de la manière dont on appréhende le réel pour en faire notre réalité. En effet nos comportements sont des adaptations à la réalité et non au réel. »

« Que penser des délires mystiques qui, selon le contexte, l’interlocuteur, ou l’époque, conduisent à la sainteté ou à l’asile ? La relativité de la pathologie devrait conduire les psychiatres à ne pas se laisser abuser par les étiquettes, et le caractère conjoncturel de la normalité devrait pousser chacun·e de nous à plus de tolérance face à la folie. »

« Et pourtant c’est bien ainsi que les choses se passent. Normal·e avant, normal·e après. Monsieur ou Madame tout le monde sera reconnu·e ‘dément·e au moment des faits’ pour que l’honneur de la société soit sauf. En réalité il est des explications simples. Ce qui sépare un comportement ‘normal’ d’un passage à l’acte grave, c’est le poids des conditionnements culturels et sociaux, c’est l’autocensure de l’individu et du groupe, c’est la peur d’être pris·e, le sens de la faute, la crainte du remords. Il est des circonstances dues à la température de la soirée, au relâchement des interdits, au caractère désert du lieu ou à l’aveuglement de la colère qui font voler les carcans moraux en éclats. Tout homme ‘normal’ porte en lui le germe de la folie, tout homme, sans exception, peut, à la seconde, basculer dans un autre monde. Parfois il ne s’agit pas d’un homme mais d’un peuple tout entier. Mais une telle idée est tellement insupportable, tellement peu compatible avec la dignité des notables, que des étiquettes existent pour que l’on sache tout de même à qui l’on a affaire. »

« Quand on regarde dans le miroir de la folie, on aperçoit son propre visage. Toute la ‘pathologie mentale’ existe en chacun·e de nous, de manière potentielle, dans un recoin secret. »

Photographie de Jenna Hamra — source : pexels.com

Les troubles mentaux, ça fait quoi ?

« Telles sont les idées délirantes, la dépression de l’humeur ou de l’angoisse. Ces symptômes entraînent un retentissement sur toute la vie psychique du malade en altérant l’image qu’il a de lui et des autres : culpabilité, persécution, agressivité, en sont des conséquences. Bien entendu le troisième ordre de perturbations concerne les rapports entre le sujet et son milieu. Il va modifier l’image que les autres ont de lui et engendrer de la part de son entourage des réactions différentes de ce qu’elles sont habituellement : agressivité, lassitude, découragement, rejet, etc.

Le vrai rôle de la psychothérapie

« La rançon en est souvent le suicide, comme on le voit chez les psychotiques dits ‘guéris’ qui n’ont plus rien à eux, pas même leurs symptômes. Les psychiatres appellent parfois cela ‘dépression post-psychotique’ pour ne pas s’avouer qu’ils ont failli aux deux autres missions qui étaient les leurs : redonner au sujet une image valorisée de lui-même et une autonomie sociale. »

« Les médicaments sont souvent efficaces pour effacer les symptômes : dépression, anxiété, délire. Mais comment contribuer à redonner au sujet une image de soi acceptable, des rapports à autrui non dévalorisants, et le sentiment psychologique de sa guérison ? Guérir c’est aussi ne plus être différent·e – ou accepter sa différence – et ne plus se sentir inférieur·e. C’est réaménager ses rapports avec l’autre, qui se souvient et qui souvent a encore peur. Les psychothérapies dont le souci n’est pas la disparition des symptômes visent à permettre au sujet d’être en accord avec lui-même. La guérison psychothérapique permettra de supporter les frustrations existentielles sans trop d’anxiété et à affronter les agressions du monde extérieur sans risques excessifs de perturbations intérieures.

Cette guérison est donc un processus complexe qui intéresse l’homme dans sa globalité physique, psychique et sociale. On voit d’emblée qu’une seule approche thérapeutique isolée, médicamenteuse, psychologie ou sociale, est une absurdité. »

enfants qui jouent dans l'angle d'une rue

Les médicaments, pour quoi ?

« Ces effets psychomoteurs, bénéfiques au cours d’un état d’excitation aiguë, peuvent, en cas de surdosage, aboutir à un esprit ‘gelé’ et à un corps soudé, véritable sidération de l’individu. C’est le ralentissement de la pensée et la difficulté à enchaîner les idées qui contribuent à créer un état d’indifférence psychique. Il existe aussi une altération de la vigilance avec induction d’une somnolence dont l’intensité est fonction de la dose de médicament. Cet effet sédatif contribue à apaiser l’anxiété pathologique.

Mais les effets les plus spécifiques et les plus remarquables des neuroleptiques sont leurs propriétés antihallucinatoires et leur efficacité sur les idées délirantes. »

« Parfois l’imprégnation médicamenteuse se manifeste simplement par un ralentissement moteur, avec une mimique pauvre, un regard fixe et une voix monocorde. »

Une prescription médicamenteuse abondante et pas toujours appropriée : pourquoi ?

« La tristesse, la morosité, le découragement, la lassitude font partie du lot de l’existence et peuvent en imposer pour une dépression. Le grand public fait bien la différence entre ce qu’on appelle ‘la déprime’ et la dépression vraie, qui peut conduire au suicide. Tous les médecins ne font pas cette distinction, c’est pourquoi on prescrit autant d’antidépresseurs. »

« Le médecin prescripteur joue, bien sûr, un rôle clef. Pourquoi est-il si généreux en anxiolytiques ?

Il y a au moins trois raisons à cela. Il est d’abord lui-même bien souvent un consommateur au long cours d’anxiolytiques et d’hypnotiques. Toutes les études et entreprises sont concordantes et montrent que le milieu médical et paramédical vient en tête par catégorie professionnelle. Convaincu des bienfaits de l’innocuité du produit, le médecin n’hésitera pas à le prescrire. »

« Les habitudes de la consultation jouent aussi un rôle important. Il est de règle de ne pas laisser partir le malade sans une ordonnance. Le médecin aurait souvent l’impression de dévaloriser son acte s’il n’était pas sanctionné par une prescription. Le malade aurait l’impression d’être frustré si l’examen ne se terminait pas par un don qui passe de la main à la main, assorti de promesses rassurantes. De plus, près de la moitié des personnes qui consultent un médecin généraliste n’ont pas une maladie organique. Il s’agit de troubles fonctionnels : douleurs, malaises, fatigue qui traduisent bien souvent un mal-être existentiel. Il y a tant de raisons à cela. Soucis financiers, professionnels, familiaux, conjugaux sont difficiles à exprimer au premier degré. Le symptôme fonctionnel, ou la plainte plus précise : anxiété, insomnie, tristesse sont des masques socialement plus admissibles. Que faire lorsque l’on est médecin ? Écouter, passer trois quarts d’heure avec le patient, se lancer dans une psychothérapie ? C’est bon pour les psychiatres qui pratiquent d’ailleurs des honoraires en rapport avec le temps consommé. Le médecin généraliste pourrait prescrire un placebo, mais ces substances ne sont pas encore officiellement remboursées par la Sécurité sociale. Restent les anxiolytiques et les hypnotiques qui, de surcroît, ontune activité pharmacologique. »

« Comme le disait un médecin anglais : ‘‘Prescrire un tranquillisant est le moyen le plus rapide de mettre fin à une consultation…’’ »

« Mais la première prescription d’anxiolytique n’est pas anodine. Il ne s’agit pas d’un placebo. Bien souvent le consommateur va ‘s’habituer’ à son tranquillisant ou à son hypnotique. Il s’agit en général d’une dépendance psychologique liée à l’anxiété. »

Médicaments : le danger de certaines associations

« Dans un article publié le 4 août 1987 dans un grand quotidien, Sylvain Eplimenco rapporte une polémique à propos d’un hypnotique d’origine suisse, très prescrit en France, et vendu à un million de comprimés par an pour la seule ville d’Amsterdam. L’association faite par les toxicomanes avec l’alcool ou l’héroïne et ce médicament engendrerait des accidents graves et des actes criminels. Plusieurs parlementaires hollandais voudraient faire interdire ce produit à la vente. »

Médicaments : est-ce que ça suffit ?

« […] Ce serait un peu comme vouloir traiter un deuil par des antidépresseurs. »

« Les hypnotiques, quels qu’ils soient, désorganisent l’architecture électrique du sommeil. Une longue cure d’hypnotiques ne permet jamais une restauration facile d’un sommeil normal. D’où la règle de ne jamais prendre d’hypnotiques plus de huit jours de suite. »

« L’amélioration sous traitement n’est jamais due exclusivement aux effets pharmacologiques. Le rôle positif ou négatif de l’environnement peut être très important. »

Soyons tolérant·e·s face à ce que nous comprenons pas.

Souvenons-nous que chaque être vivant est digne de respect, d’amour et d’échange.

Regardons-nous profondément dans les yeux, tenons-nous la mains, et avançons le plus possible en harmonie avec nous-mêmes et ensemble.

Ainsi soit-il.

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