Coucou. Certains disent que les traumas sont stockés dans le corps, pas dans le mental.
Le HD parle-t-il de la notion de trauma ?
Si oui, comment ?
Et où cela se traduit dans la charte ? Bonne soirée à tous !
La réponse de Laetitia
TLDR :
TDLR:
Oui, le trauma est mentionné par Ra, mais pas comme on l’entend.
Version longue :
Quand j’étais psy (je le suis toujours mais j’ai plus vraiment l’impression de travailler comme psychologue), plus j’ai étudié et travaillé avec le trauma, plus je suis venue de plus en plus à la conclusion que le trauma est beaucoup plus courant qu’on ne le croit, que c’est plus une forme de spectre et que c’est profondément lié au fait de ne pas pouvoir être soi-même d’une façon ou d’une autre.
Le Design Humain va dans ce sens-là.
Ra n’a pas parlé de trauma comme un concept. La psychologie définit le trauma et ce qui l’a “provoqué” pour pouvoir expliquer certaines de nos réactions et expériences et soigner les gens.
Sous l’angle du Design Humain, c’est une approche mentale où on nourrit le non-soi sans le savoir. C’est assez terrible la souffrance qu’on inflige aux gens et leur apprend à s’auto-infliger sous prétexte de les guérir. (Tu comprends mieux pourquoi je n’ai plus l’impression d’être psy? )
Il a parlé du profond trauma de la vie en non-soi en revanche.
Il y a du trauma dans chaque moment où nous sommes poussés hors de notre alignement. C’est un gros iceberg de situations. Les plus évidentes, c’est quand quelque chose de très grave nous arrive. Mais ça arrive dans le quotidien aussi, de façons qui semblent beaucoup plus anodines. Quand c’est fréquent, on appelle ça trauma complexe.
C’est important de noter que ce n’est pas n’importe quel événement grave qui traumatise de façon durable. On découvre par exemple que certaines modalités permettent d’intégrer mentalement le trauma si on les applique juste après l’événement potentiellement traumatique.
Le trauma qui reste dans le corps et qui influe tellement notre vie, c’est celui où le mental trouve des façons de définir pourquoi quelque chose a été aussi dur ou nous est arrivé et des stratégies pour que ça ne puisse plus nous arriver. Ces stratégies mentales nous poussent alors à être en non-soi, à ne plus faire confiance à notre Autorité, à ne pas tenir compte de notre Stratégie. Et la peur nous maintient alors dans ces cycles de non-soi.
Plus on applique les stratégies de coping (je ne connais pas le mot français s’il y en a un, ça veut dire en gros “gérer une situation, une expérience, généralement douloureuse”) maladaptées, plus elles se renforcent, plus elles sont dures à changer. Et plus le corps souffre parce qu’on interfère avec son fonctionnement, et plus on perd le contact avec nous-mêmes.
La psychologie, quand elle soigne le trauma, nous donne d’autres stratégies, qui sont toujours mentales.
Les modalités dites somatiques (centrées sur le corps, même pas directement corporelles comme l’ICV ou l’EMDR) peuvent aider à rétablir la connexion avec le corps, mais continuent d’interférer si le/la thérapeute ne comprend pas que donner des stratégies aux gens ou comment le design de la personne qui est “soignée” fonctionne, va quand même nourrir le non-soi. J’ai bien dû me bagarrer avec ma thérapeute ICV pour qu’elle arrête d’entendre dans mes témoignages sur mon ego ouvert un problème à résoudre par exemple. On a dû arrêter rapidement après, elle me poussait à utiliser mon ouverture et mon mental comme une autorité, évidemment sans le faire exprès ni même voir ce qu’elle faisait. Plein de gens autour de moi ont expérimenté la même chose.
Je serais tellement curieuse des façons dont on pourrait utiliser certains de ces outils d’une manière radicalement différente, parce que je sais que la manière conventionnelle de le faire n’aide vraiment pas autant qu’on le pense mais aussi que certains des principes pourrait aider le déconditionnement si on les “hacke”.